Éric

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Je me présente : Éric Lamarche. Pour ce qui est des voyages, on peut changer de goût sur le tard vous savez?

 

Quand j’étais jeune (il n’y a quand même pas si longtemps), je n’étais attiré que par ce qui ressemble au monde dans laquelle je vis, le type de société que la nôtre a pris en exemple, comme la France, la Grande-Bretagne, là d’où viennent nos aïeux, nos idéaux politiques, notre conception de la beauté, notre architecture, notre modèle d’éducation. Ces vieux pays d’Europe de l’Ouest qui nous ont servi de modèle, et aussi les États-Unis, ces trop fiers exportateurs de culture populaire sans qui le monde entier aurait gardé plus de saveurs différentes. Passé trente ans, j’avais encore peur de l’exotisme. Le désert, la jungle, la vie frugale, les macaques, les toilettes sans sièges, ce genre de chose vous le savez, je n’aimais ça qu’au cinéma. Le Sud, l’Est, c’étaient les mondes primitifs que notre civilisation avait surpassés. S’il y avait quelque chose d’intéressant par là, ça devait dater de l’époque de la colonisation, mais à quoi bon aller y voir de près puisque ça manquait d’hygiène. À trente-deux ans, un séjour dans le sud de l’Espagne, un modèle de société qui ressemble pourtant au nôtre, m’a flanqué une tourista d’une semaine, avec forte fièvre et convulsion! Pour ma vie entière, j’allais suspecter la qualité de tous les aqueducs au sud du 35e parallèle Nord, à part peut-être à Miami,  un endroit qui a la réputation d’être bien aseptisé. J’allais demeurer dans ma zone de confort et c’était très bien comme ça.

 

Les années passèrent. A priori, je n’étais pas habité d’une immense curiosité, mais il fallait bien aller voir autre chose. C’est en poussant vers le centre de l’Europe que j’ai commencé à prendre goût à ce qui ne me ressemble pas. À Prague. À Cracovie aussi. Par là-bas, ce qui a suivi la deuxième Grande Guerre n’était pas un boum économique. Plusieurs générations allaient subir la  tutelle totalitaire. Et maintenant, les jeunes se font avoir dans le pacte de la grande Europe… Grands Dieux, mais comment font-ils? Ces gens sont fiers de leur culture, sourient, s’amusent et jouent de la musique festive. Il y a quelque chose de différent par là.

 

Les portes de mon esprit se sont ouvertes. Ensuite je me suis mis à rêver d’exotisme et de découverte. Ces dernières années je suis allé deux fois en Asie, et ce n’est qu’un début!

 

Et puis, il faut le dire, depuis le temps que j’y pense, ça ne semble pas être qu’une lubie: je désire passer une bonne partie de ma retraite anticipée quelque part immergée par une multitude de gens dont l’expérience de la vie et les pensées n’ont rien à voir avec les miennes.

 

Où est ce quelque part? Peut-être l’île de Penang, en Malaisie.

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